29 novembre 2007
Il y aura demain trois semaines que le bâtiment E (Etudes Anglo-Américaines) de l’Université Paris X - Nanterre (entre autres) est “bloqué” presque tous les jours (le bâtiment a été débloqué tous les jours pendant la grève des transports et de temps à autre le reste du temps, lorsque les étudiants bloqueurs étaient partis manifester ailleurs) par des étudiants opposés à la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU).
En trois semaines, entre le blocage et la grève des transports, j’ai eu seulement huit cours (j’en ai normalement douze par semaine) dont la moitié étaient des cours de langue (donc des cours de “mineure”) ; sur les quatre cours restants, trois ont eu lieu avec environ un tiers des étudiants présents, et le programme du cours a donc été considérablement allégé pour ne pas pénaliser les absents, et le quatrième a eu lieu pour seulement une autre personne et moi-même. Dans deux autres cas, le professeur s’est présenté mais le nombre d’étudiants présents était trop réduits pour lui permettre de faire cours. Sur les onze professeurs différents dont je suis les cours en anglais, seulement quatre ont contacté leurs étudiants par email pour donner des consignes de travail et seulement trois ont posté ou promis de poster des cours sur le site de l’UFR. Il y a quatre professeurs qui n’ont ni contacté les étudiants, ni donné d’indications quant au rattrapage des cours lorsque je les ai croisés dans les couloirs.
Je suis en colère contre les étudiants qui m’empêchent d’aller en cours en bloquant l’accès aux bâtiments, contre certains professeurs qui semblent avoir oublié leurs étudiants, et contre les étudiants qui n’ont pas fait le moindre effort pour venir en cours même lorsque les moyens de transport étaient rétablis. Je pourrais me rendre malade à me répéter tout ça dans mon coin ; j’ai décidé qu’aucune de ces personnes ne valait la peine que je me cause un ulcère à lui en vouloir. Il fallait bien que j’évacue ma colère quelque part : ce sera ici.
Vous me privez de mon droit à l’éducation en m’enfermant dehors. Je clame mon droit d’expression pour vous dire que je ne suis pas d’accord. Je sais très bien que ça ne changera pas grand-chose, mais après tout, pour l’instant, votre blocage n’a pas changé grand-chose à la situation non plus - à part pourrir la vie de ceux qui n’y sont pour rien.